Le fait d'être conseiller du salarié implique qu'on trouve nos noms et coordonnées sur les listes disponibles en mairie et sur les sites de la Direccte (direction du travail) si on a besoin d'être assisté face à son employeur.
Et comme "conseiller du salarié", ça semble vouloir dire qu'on est là ...pour conseiller les salariés(!), il nous arrive toute sorte de demandes parfois éloignées de notre mission réelle qui est d'assister les salariés lors des entretiens préalables au licenciement et lors des entretiens de préparation de rupture conventionnelle.


Assister ça veut simplement dire ici qu'on doit vérifier que l'entretien a lieu, que le salarié peut répondre librement et sans pression à son employeur et éventuellement faire un compte rendu qui pourrait être produit au conseil des prud'hommes si le salarié souhaite donner une suite en justice.
Parfois faire un rappel à la loi du style: "Non Monsieur, un entretien préalable de licenciement ne peut avoir lieu par téléphone".
Ou bien "Si Madame, j'ai le droit de m'exprimer et je ne suis pas là que pour vous écouter!".


Ce jour là mon portable a sonné à l'heure du restaurant et une voix d'homme m'a demandé si le père d'une apprentie devait faire des excuses à un employeur.
Bon, si pour moi c'était l'heure du resto, peut-être pour mon interlocuteur était-ce déjà celle du digestif?
J'ai répondu que je ne comprenais pas la question et mon interlocuteur me raconta que sa fille était apprentie pour une formation supérieure dans l'immobilier et que son maîte d'apprentissage - un gros agent immobilier de province - était un horrible employeur: sa fille devait faire des heures supplémentaires non payées et devait même gérer seule des assemblées de coproprétaires qui duraient jusqu'à pas d'heure.
Et comme le père évait écrit un courrier à l'employeur pour demander que cette situation abusive cesse, ce dernier avait immédiatement mis la jeune apprentie "en congés payés d'office" jusqu'à ce que le père lui fasse des excuses écrites!
Le papa était bien embêté d'avoir provoqué une telle situation en voulant protéger sa "petite", et moi j'étais bien embêté devant cette situation inédite.


Que conseiller? Déjà, je ne pouvais agir en tant que conseiller du salarié, puisqu'i ne s'agissait pas de rupture de contrat de travail.
Et en tant que syndicaliste? Oui, il y avait des choses à dire!
La demoiselle était en seconde année - l'examen final était tout proche et il était clair que si elle quittait cet employeur il serait très difficile d'en trouver un nouveau.
Bien sûr, l'école de formation immobilère ne voulait pas intervenir.


Alors ce que j'ai conseillé - mais je n'en suis pas très fier - c'est que le papa fasse le mail d'excuse le plus "soft" possible, que l'apprentie note toutes ses heures désormais et que si la situation était tenable qu'elle reste jusqu'à la date de l'examen.


Et qu'ensuite, elle revienne discuter avec moi si elle souhaitait obtenir le paiement des heures supplémentaire et, peut-être aussi à son tour, des excuses écrites du père de l'employeur?