Cette fois c'est un coup de gueule que je me permets au sujet d'une des limites de la fonction de conseiller du salarié.


Nous ne pouvons pas assister les employés à domicile convoqués à un entretien préalable au licenciement.
Pourquoi? Parce que le lieu de travail est le domicile privé de l'employeur et non une banale entreprise: le conseiller du salarié n'a aucun pouvoir pour y pénétrer.


J'ai vu des cas d'employées de maison à temps très partiel, parfois payées en chèque emploi service, totalement pétrifiées à l'idée de se faire virer et à qui je devais refuser mon assistance.
Pas le droit de venir, faites vous virer toute seule et sans témoin, chère Madame.


Un des plaisirs du job est qu'on peut parfois biaiser et réussir à imposer notre présence.
Comme pour cette femme de ménage d'immeuble virée car elle se faisait remplacer par ses enfants pendant les vacances. Ce qui arrangeait bien les colocataires pendant 25 ans.
Un jour, le comptable leur a expliqué qu'une sociéte de nettoyage, c'est un budget fixe connu à l'avance et qu'on vous remplace la salariée qui serait malade; qu'il n'y a pas de fiches de paie à établir mais seulement des factures à payer.
Et que ce serait bien de trouver une faute pour sortir la femme de ménage sans frais.


Le grief tout trouvé vu de s'être fait remplacer par des enfants mineurs pour sortir les poubelles et nettoyer l'escalier!


J'ai argué que le bureau de la SCI n'était pas un domicile privé: j'ai pu l'assister sur ces bases là.
Parfois il s'agit de ruptures conventionnelle et là les lobbyistes du syndicat d'employeur devaient être endormis le jour où la loi fut présentée: les textes ne prévoyant pas d'interdiction, on peut y aller.
C'et surtout un soulagement moral pour la personne assistée mais, au final, si elle s'est fait licencier irrégulièrement il faut la sensibiliser sur le fait qu'aller en justice pour un tout petit salaire, ça donne dans le meilleur des cas de toutes petites indemnisations...


Nos têtes pensantes qui ont souhaité mettre un plafond aux dommages et intérêts prud'hommaux auraient dû penser à mettre aussi un plancher: virer fautivement une employées de maison payée 100€ par mois, ça aurait pu donner droit à un forfait minimum de dommages et intérêts.
Par exemple 1500€...dans un souci de justice sociale.
Mais non: ces femmes là -je ne rencontre que des femmes dépendant de la convention collective des salariés du particulier employeur- sont vraiment mal protégées et ont peut-être raté une occasion lors du débat sur la Loi Travail - loi El Khomeri.